Séminaire 2001-2002

Séminaire 2001-2002

Hors sujet.

Actualité du malaise dans les pratiques de la folie.

 D’un côté il n’y a plus que des énoncés sans énonciation, des réponses et non des questions : les actes sont remplacés par des protocoles, la responsabilité se réduit au respect des procédures. Le grand retour normalisé des chambres d’isolement va de pair avec la grille préétablie des gestes à accomplir, des prescriptions établies à l’avance. L’éthique n’est que supplément d’âme. Dans cet univers normé le chiffre est roi, l’informatique souveraine et la clinique se comptabilise . Plus d’acte, partant plus de sujet.

De l’autre c’est l’appel généralisé au sujet. De tous côté on le convoque, on l’exalte, on le réquisitionne. Sujet du droit, sujet enfant, sujet victime, sujet traumatisé, sujet responsable, usager, sujet patient, ex-patient, le sujet est dans tous ses états mais c’est d’abord un sujet de parole. Non seulement on l’écoute, mais on le presse, on lui intime de parler. Parle ! telle est l’injonction généralisée. La peste freudienne serait-elle en voie de se retourner contre la prophétie, de ce côté-ci de l’Atlantique ?

Nous avons, les années précédentes, tenté de réfléchir d’un point de vue critique à ces modifications du lien social et des politiques de subjectivation à l’œuvre sous le double signe de la vague scientiste et de l’expansion de la psychologie. Nous voulons essayer cette année de croiser ces analyses critiques avec des travaux qui tentent de prendre acte d’un engagement effectif des psychanalystes dans les pratiques de la folie. Car il est un fait que malgré la programmation triomphante des procédures, et contrairement à ce qui avait été prophétisé il y a 10 ou 20 ans, la psychanalyse loin de s’étioler dans le champ psychiatrique et médico-social résiste et continue de nourrir la réflexion des praticiens.

Il s’agirait de faire valoir comment dans les rencontres toujours singulières de ce que nous persistons à désigner du terme de pratiques de la folie, se joue à la fois ce qui dans la cure se présente après-coup seulement comme effet-sujet, et qui dans le politique échappe malgré la tentative toujours répétée de le réduire et le fixer sous la figure de quelque sujet patenté que ce soit.

 

Les séances du séminaire se tiendront les 16 nov, 14 déc 2001, 18 janv, 15 mars, 3 mai 2002. Le colloque est fixé aux 14 et 15 juin.

 

Première séance le 16 nov, 100, rue de la Santé, salle de conf. Service du Pr Guelfi :

 Présentation de la problématique du séminaire

Interventions de Vincent Perdigon et Monique Bucher. Discutant : Guy Dana

En fin de séance : AG de l’Association.

 

 

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