Séminaire 19 janvier 2007

Vendredi 19 janvier 2007 à 21 heures

Hôpital Saint-Anne, Amphithéâtre de la CMME, 100 rue de la Santé.

LA POLICE DU TEXTE

L’exigence de transparence envahit actuellement toutes les disciplines dans lesquelles la relation humaine est le pivot du partage ou de la transmission d’un savoir. Les enjeux de cet échange seraient-ils trop sérieux pour être, pour une part, laissés à l’appréciation de chaque professionnel ?

L’enseignement actuel de la littérature semble pris dans le même mouvement, d’après Hélène Merlin-Kajman (professeur de littérature à la Sorbonne). La lecture de son livre La langue est-elle fasciste? Édition du Seuil, 2003, montre à quel point les techniques pédagogiques sont infiltrées par une interprétation utilitaire et instrumentale du structuralisme et de la pensée psychanalytique. Elles proposent actuellement une injonction au dévoilement du texte qui tend à faire haïr la littérature classique aux élèves. Ainsi, les enseignants se doivent maintenant d’expliciter aux élèves le jeu des signifiants inclus dans le titre du poème d’Arthur Rimbaud « Le dormeur du val », faisant par là disparaître toute la poésie.  Il faut du sens, un sens qui écrase toute tentative de création, toute association libre des idées, toute rêverie.

Cette logique explicative permettrait à l’enfant, selon H. Merlin Kajman, de ne plus se faire « piéger » par la langue, ainsi que par l’adulte instrument de ce savoir dont il lui faudrait se méfier également.

Cette orientation pédagogique, ce point de vue émanant d’un autre champ que le nôtre croise nos préoccupations dans la proposition d’une vérité assénée et d’une pensée suspendue.

Le livre d’Hélène Merlin-Kajman sera présenté par Anne Chaintrier, Sandrine Jallade, et Clément Jallade.

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